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Foyers – Olivia Gay

Ces photographies ont été réalisées dans des foyers d’hébergement sociaux situés à Paris à partir de 2009 (Malmaisons), puis de 2013 à 2018 (Le Palais de la femme). Il y a eu, dans cette expérience, l’idée d’offrir à ces femmes résidentes, un temps pour réfléchir et se fabriquer une image d’elles-mêmes, dans la réalité de leur contexte de vie précaire.
Avec Malmaisons (2008) et Le Palais de la femme (2013), c’est le travail qui, cette fois, s’éloigne, comme un mirage, et c’est une réflexion autour de la honte sociale qui se déploie. La honte des plus pauvres, des plus démunies, celle des abandonnées, de ces femmes qui, pour des raisons souvent liées à leur histoire professionnelle et surtout familiale, se retrouvent sans logement, vouées à la précarité et à la cruauté de la rue, et qui en ont réchappé. Pour un temps. Mais qui, hébergées par Emmaüs, en ressentent honte et culpabilité.
De nouveau, le lent et patient travail de la photographe va consister à recréer un lien d’abord, à conférer de nouveau une identité à des sujets qui en semblent dépossédés.
De nouveau, le lent et patient travail de la photographe va consister à recréer un lien d’abord, à conférer de nouveau une identité à des sujets qui en semblent dépossédés.
Portraits en plan serré sur fond très épuré, nimbés de lumière, visages où l’on devine les marques de la fatigue et de la souffrance – mais dont le regard, cependant, ose se déporter vers un ailleurs. À peine une ligne d’horizon, certes. Mais peut-être un avenir qui s’esquisse, se dessine, telle une projection de soi vers de nouveaux possibles. 
Dans Le Palais de la Femme, ce sont aussi les figures de l’abandon qui dominent, prolongeant ainsi Malmaisons. On sent que ces femmes sont radicalement seules, livrées à elles-mêmes ou, pour certaines, à leurs enfants. Dans ces chambres minimales, plusieurs sont allongées, comme si, du temps, il y en avait trop, et rien à en faire – sinon rêver, peut-être. S’évader. Un mobilier des plus rudimentaires, des reliefs de repas, quelques maigres possessions et provisions… Mais, comme un espoir, tel le petit pan de mur jaune de Delft décrit par Proust, des murs dont la couleur fuse, explose : vert jade, orange, jaune d’or, rouge vif.

Dominique Baqué, 2017

(Publié dans le catalogue d’exposition « Envisagées », présentée à la Galerie du Château d’Eau à Toulouse)

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Voir prend du temps, car il s’agit de voir juste, et de pénétrer des mondes. Celui des ouvrières, des travailleuses, ces oubliées de l’art contemporain, ces exclues du récit national d ‘aujourd’hui. Enfin leur donner sens et existence : caissières de supermarché, ouvrières soumises aux cadences infernales de la chaîne et aux lois, plus inflexibles encore, du néo-libéralisme avancé, empaqueteuses qui ne verront ni n’achèteront jamais le luxueux produit de leur labeur, domestiques brésiliennes venues de leurs favelas pour entretenir les demeures des plus riches, dentellières de Calais qui tentent de rédimer leurs gestes par l’excellence d’un savoir-faire ancestral… A toutes, Olivia Gay l’affirme : envers et contre tout, vous existez.

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