On a toujours pensé le paysage comme ce qui se tient devant nous, à distance. Ici, le paysage se construit dans une relation d’appartenance ou d’intériorité. Sébastien Arrighi  avance dans l’espace découvert par le retrait des eaux du barrage de Bimont comme il s’avance dans l’univers virtuel d’un jeu vidéo. Le jeu vidéo propose un décor pour une aventure et un jeu de rôle. Dans Simile, Sébastien arrête l’image, fige le décor, le transforme en un paysage qu’il fixe et propose au regard, loin de toute action et de toute compétition, comme une présence silencieuse. Il ne reste du dispositif d’interaction qui assurait la jouabilité qu’une sorte de frémissement, une respiration, un ancrage énigmatique dans une corporéité imprécise mais étonnamment présente. Le paysage est alors inventé par l’opération « photographique » qui consiste à choisir le lieu et l’instant et à geler le mouvement dans le jeu vidéo. On le projette par cela seulement dans un « devant nous » qui ne suffit pas à évacuer le lieu de la « prise », qui est bien « dedans », dans le jeu, sinon dans l’action. On peut faire l’analogie avec ce qui se joue au barrage de Bimont. Ici aussi le paysage est inventé par la prise de vue, par le temps de la pose, par le jeu du regard. Et l’horizon fermé du bassin de Bimont s’ouvre sur d’autres dimensions, sur d’autres présences et d’autres mémoires, quelque chose qui évoque, très loin – très proche, un Ouest américain peuplé de rêves oubliés.

La série « Le Désert de Bimont » a reçu le soutient de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, Aix en Provence, 2018.

 

Photographies à la chambre, tirages numériques de 5 + 2 e.a. Une partie de la série a été exposée pour la première fois dans l’exposition « Silent Show », à la galerie Sintitulo (17.05 – 30.06.2019)

 

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