Il n’y a que la photographie pour donner au plaisir immédiat des images cette capacité de relier par quelque point notre regard et notre corps à une divergence radicale mais insaisissable, une manière chaude et différente d’appréhender le réel.

Le travail d’Olivia Gay s’inscrit dans le champ des photographes, vidéastes et autres artistes qui s’intéressent de manière sociologique ou ethnographique au labeur, reflet d’une société et reflet d’une aliénation. Entre le désir de magnifier ces vies, ces tâches et en dénoncer les conditions difficiles, les soumissions à un ordre économique, la palette des positionnements est large. Attaché aux personnes humaines, le regard porté par Olivia Gay est une valorisation de ces vies féminines ignorées ou méprisées. Dans la répétition et l’enfermement, de la chambre, de l’usine, du cloître, elles participent de l’ordre du monde. Leur mise en lumière les fait surgir du néant, les rend visibles et communique un sentiment de proximité par la mise en scène du quotidien.
[…] (Fabienne Dumont)

Les visages d’Olivia Gay sont tous féminins. Ces femmes – ou devrait-on dire ses femmes tant elles semblent faire communauté autour d’elle, dans une sorte de sororité -, paraissent toutes volontaires ; quand bien même elles subissent, elles sont présentées agissantes. Olivia Gay les photographie dans leur cadre de vie, de travail, parfois de privation […]

Olivia gay emprunte clairement le style documentaire. Dominique Baqué, interrogeant justement la notion de document, écrit : «Or, il ne s’agit pas d’en revenir au document comme preuve infaillible. Pas plus que l’art, le document ne «donne» le réel : il le construit, lui donne sens, au risque des faux sens, des contresens, mais il n’est pas et ne sera jamais l’épiphanie du réel.» […]

Les femmes d’Olivia Gay ne sont pas encore des révoltées, moins encore des militantes : mais elles persistent à exister, elles défient la cécité d’une société fracturée dans l’écart devenu incommensurable entre ceux que le hasard a dotés de tous les biens et qui, sans cesse, se montrent, s’exposent, s’affichent, et ceux qui n’ont rien, et dont l’on voudrait nous faire croire qu’ils ne sont rien. […]

Olivia Gay photographie très spontanément, avec un regard authentique, sans freiner ses envies et ses désirs d’images […]. Cette question du corps et de sa représentation est au coeur de ses recherches depuis ses premières photographies réalisées en Amérique Latine, en 1998 : «Les Jineteras de La Havane» […]

Les séries d’Olivia Gay ont aussi une parenté avec les travaux des artistes féministes qui désiraient parler des conditions de vie des femmes, dans leur multiplicité, pour témoigner de leurs vécus, de leurs labeurs, de leurs désirs, pour humaniser des vies souvent meurtries, abîmées par le poids des contraintes sociales. […]

Parmi les sculptures d’Arnaud Vasseux, il y a des petites choses et des grandes, des objets en bois, en polyéthylène, en résine ou en carton, des dessins et des sculptures, des bas reliefs et des éléments mobiliers. Où se trouve leur communauté ? La première chose à dire, c’est qu’elles n’ont pas d’unité, et c’est tant mieux. L’unité suppose l’identité, pas nécessairement des formes, mais des mobiles de leur invention. […]

Les représentations communément associées à la sculpture portent à voir dans cet art des types d’objets et de configurations spatiales offrant l’image, plus ou moins lisible comme telle, d’un processus de production durant lequel un matériau a été transformé – et informé – car littéralement “travaillé par la forme”. […]

inscrivez-vous à la newsletter de la galerie sintitulo Actualité de l’artiste Livres, publications Contactez-nous Si vous souhaitez de plus amples informations n’hésitez pas à nous transmettre un e-mail depuis cette page, ou nous appeler. +33 4 92 92 13 25

Anne Favret et Patrick Manez pratiquent la photographie urbaine. leur travail a fait l’objet de publications dont une sélection peut être lue ici, sous licence Creative Commons.