ACCARIE Stephane

Né en 1970 à Marseille, vit et travaille à Nice

Mes photographies sont issues d'un travail fait en deux temps, des prises de vue en extérieur constituant une collection d’images puis la construction de la pièce finie en atelier.
Je ne considère pas les images brutes issues de la pellicule fraîchement développée comme se suffisant à elles-mêmes. J’essaie de travailler dans la construction-reconstruction du médium photographie, sa matérialité et sa réalité, en me rapprochant plus d’un travail pictural –au sens du processus- plutôt que d'une démarche photographique.

Je recherche, non pas des images désenchantées de banlieue, mais des espaces ou des modules architecturaux qui sont réinvestis par la nature, et où une certaine poésie s’installe.
Il y a une beauté inhérente à ces lisières de ville, à ces volumes industriels posés là. J’essaie de les emmener, non pas dans le domaine de la photographie d’une documentation de reportage mais plutôt dans le champ de la peinture de paysage, tout en gardant ce rapport au réel très particulier et propre à la photographie.

Dans la série des « froissages » je tente de mettre en évidence par la manipulation, le recadrage et la « rephotographie », la part suggestive de l’image photographique. Les pliures et les reflets sont plus un travail sur le glacis, sur le vernis, sur le rapport à la main, qu’un effet de style perturbant les images.

Ceci se retrouve dans mon travail sur les volumes. Là, le papier photographique est utilisé comme un simple matériau. Il s’agit de reproduire techniquement à l’identique un produit pour l’extraire de sa réalité.

Pour la série des « posters », je suis parti de vues panoramiques, souvenirs de type New York que l’on pourrait trouver dans les carteries en reconstruisant un paysage issu de plusieurs angles de vue afin de « compacter » en une seule image ma propre vision d’un lieu. C’est la suite de la série des « lumicolors » qui sont des photographies issues de multiples projections diapositives.

Les concordances entre les images, le fait que le passage de l’une à l’autre, soit-il plus au moins précis, n’est pas dû seulement à la coïncidence de juxtaposition mais aussi à une rencontre entre plusieurs images qui constituent la photographie.

C’est un travail à mi-chemin entre la surimpression et la construction d’un paysage panoramique.

Stéphane Accarie, été 2003