GRIPON Anthony

Né à Alençon en 1973, vit et travaille à Sarlat

Assurément il y a deux Anthony Gripon. Celui incertain et joyeux des débuts et le véritable Gripon, dont la transformation spectaculaire se produisit après la lecture des oeuvres de Daniil Harms que je lui procurai. J’ai connu l’un et l’autre. Le premier était d’un abord convivial et lunaire dont j’ai encore la photographie, paré d’une salopette bleue et d’une incertaine casquette, alors qu’il travaillait pour la mémoire de l’immortel Soldat Sveik. Le second cherche sans le savoir l’origine de son oeuvre, puisque voilà maintenant qu’’il mentionne Rrose Sélavy, ombilic avéré de tout l’Art Contemporain. Donc Gripon cherche. Il s’amuse en ressuscitant la quincaillerie Dada, avec humour ce qui prouve qu’il en est au moins au troisième degré avec son Clou de l’Exposition. Mais il n’est pas bêta. Ce n’est pas lui qui irait accrocher un pneu de voiture au – dessus d’une trousse à pharmacie pour être de son siècle et alerter sur les fins de week – ends. Mais si, vous savez bien, tout cet attirail fait d’évidences et de portes ouvertes où toujours il s’agit d’illustrer avec des sabots de trois tonnes ce que tout le monde sait. Anthony amuse son cerveau. Il lui en fait voir. Il lui propose de considérer l’infiniment petit pour qu’il en fasse un infiniment grand. Le cerveau acquièsce et de poussières d’images ou d’objets minuscules crée des chevelures, des visages, des montgolfières. C’est ce que j’aime. Parce que je sais que le Gripon en marche est un animal moderne qui va exploser bientôt. Pour devenir un bel Artiste, lui qui pour l’instant, en tapinois, sait plus que tout autre qu’ il n’est que le Faiseur de sa propre poésie.

Régis Braun, metteur en scène