Née à New-York, vit et travaille à Vallauris.

Été 2010 à Mougins 

SCULPTURE AU LAVOIR (du 13 au 25 août)

Vernissage le vendredi 13 août 2010, à 18h30

Genèse (2010) est une installation réalisée spécifiquement par Margaret Michel pour l’espace du Lavoir de Mougins, à l’invitation du Service Culturel de la Ville. Margaret Michel investit ce lieu historique et chargé d’émotions brutes, avec une œuvre animée par le mouvement de l’eau. Telle la sève d’un arbre, le flot se propage à travers des chemins toujours plus nombreux, réagissant à des circonstances changeantes. L'onde alimente successivement les éléments de la structure, balbutiants et chuchotants. On retrouve dans cette installation une sensibilité et un vocabulaire propres à l’artiste : la transparence, le son, le mouvement, l'équilibre et la fusion des éléments. C’est avec l'eau, sans cesse mouvante, cet élément qui peut changer de volume en se dispersant ou en s'accumulant, cette énergie non linéaire, que Margaret Michel nous raconte une histoire.

« J'ai tout de suite envisagé la construction d'un vaste système vasculaire qui n’aurait pas simplement pour but d’alimenter ses artères mais bien d’échanger des entités. Les allusions y sont multiples et simples. L'eau comme source et cycle de vie, invite le spectateur à un véritable voyage fluvial."  

Margaret Michel, 2010

Site de la Ville de Mougins


Il est évident que l’art contemporain des années 70 a remis en question tout ce qui précédait. L’utilisation des nouvelles matières et le développement de genres d’art éphémère comme la vidéo, les installations ou les performances, a bien rempli l’esprit des jeunes artistes.

J’ai débuté durant cette époque interrogative et ma réponse était de m’exposer à autant d’expressions d’art que possible. J’ai songé aussi à apprendre des techniques pour m’exprimer. Apres des études d’art, des détours aléatoires à travers différents pays m’ont amené à travailler chez un éditeur de livres d’art en Allemagne, à l’American Center à Paris ou à fabriquer du macramé sur la Côte D’Azur dans des années 70. Mais mon séjour dans une fonderie d’art en Californie m’a appris le plus par les contacts que j’avais avec d’autres artistes. J’y étais spécialiste pour la technique de la cire perdue mais c’est aussi là que j’ai appris la soudure. En assistant les différents artistes qui venaient pendant la réalisation de leurs oeuvres, j’ai vu la manière dont ils survivaient. Ma conclusion a été que le facteur primordial de la longévité de la vie créative d’un artiste, est une curiosité et une interrogation insatiable et par-dessus tout, il faut avoir la discipline de suivre ces idées jusqu’au bout.

Dans un geste humble, je prends en main des objets déjà rejetés ou bien des objets que je forme. Ils répondent souvent à une vague idée qui me travaille ou plus simplement les aspects des objets qui m’inspirent. Et souvent j’y ajoute le mouvement. Parfois ces actions simples sont pour moi synonymes d’une pensée rationnelle. Ils deviennent obsessionnels et instinctifs par leur répétition, et irrationnels par la futilité de leur mouvement. Et parfois aussi, les caractéristiques des mouvements peuvent exprimer une finalité ou un but. Je découvre d’autres fois le sujet d’une oeuvre après l’avoir complété, caché dans mon subconscient.

Notre vue du monde a été complètement transformé par la science dans les derniers siècles. Elle nous a ouvert des horizons jusqu’à l’infini et nous a dévoilé une intimité moléculaire qui est infinitésimale. Notre technologie nous mène à vouloir manipuler ce monde pour le bon ou le mauvais. Mon intérêt comme artiste est d’essayer de traduire ou transmettre ce que je ressens dans ces visions.

Margaret Michel, 2009